Ethique des auteurs et déontologie des revues

Ethique des auteurs et déontologie des revues

Pour en savoir plus sur la genèse de ces deux documents, prenez le temps de lire le texte introductif ci-dessous !

Recommandations de l’AFM aux auteur.e.s,
en faveur d’une éthique de la recherche et d’une intégrité scientifique

 

Code déontologique pour les revues de l’AFM

 

Depuis la fameuse déclaration d’Helsinki (1964) relative aux principes éthiques applicables aux recherches médicales sur des sujets humains, de nombreuses décisions ont été prises afin d’améliorer les principes et pratiques en faveur d’une recherche scientifique éthique et responsable et un accent encore plus fort a été mis récemment sur ces sujets. Sans aucunement prétendre à l’exhaustivité des actions mentionnées, nous pouvons évoquer la signature par les associations de la FNEGE en 2013 d’une charte anti-plagiat et leur participation à la mise en place de la commission anti-plagiat de la FNEGE. Michelle Bergadaà, à l’université de Genève, alerte dès 2003 la communauté scientifique avec son Projet « Responsable, Éthique-plagiat » et un site collaboratif créé en 2004. En 2016, l’arrêté du 25 mai sur les formations doctorales ajoute une mission aux écoles doctorales : veiller « à ce que chaque doctorant reçoive une formation à l'éthique de la recherche et à l'intégrité scientifique ». De même, des décrets précisent, en 2016 et 2017, le cadre légal et réglementaire régissant les recherches impliquant la personne humaine et un office français d’intégrité scientifique est créé au sein de l’HCERES en 2017. Progressivement, diverses institutions universitaires, écoles et associations scientifiques formulent également leur politique en la matière.

Parallèlement à ces initiatives, des cas de fraude, plagiat, « inconduites » de toutes sortes ont alimenté les chroniques des médias avec parfois des conséquences dramatiques, secoué certaines associations scientifiques ou institutions académiques et conduit au retrait de centaines d’articles pourtant publiés dans les revues de meilleurs rangs. Un blog a même été conçu pour suivre ces retraits : retractionwatch.com et certaines pages Wikipedia relatives à des chercheurs comportent aujourd’hui une mention nouvelle « Soupçons de fraude scientifique ». Des peines ont déjà été administrées par les instances juridiques concernées. Si ces remous ont d’abord chahuté les disciplines de la santé, ils viennent désormais percuter de plein fouet des chercheurs connus des sciences de gestion. Des associations scientifiques francophones sont concernées et certaines revues de notre discipline pourraient être amenées à réexaminer des articles publiés sur lesquels planent des soupçons de fraudes ou autres problèmes éthiques.

L’AFM et ses revues ne peuvent donc se tenir en dehors de ces tendances et tensions. C’est pourquoi, en 2014, l’AFM entame une réflexion sur le sujet dans le cadre de sa vice-présidence Publications et de son bureau. A l’automne 2016, la vice-présidente Publications actuelle, Marie-Laure Gavard-Perret, choisit d’en faire un axe central de son mandat et décide, avec l’accord du président actuel de notre association, Bertrand Urien, de former une commission « Ethique » présidée par Hubert Gatignon, dont l’expérience en matière d’éthique de la recherche est largement reconnue. Nil Özçaglar-Toulouse, actuelle Rédactrice en chef de la revue Recherche et Applications en Marketing (RAM), Jean-Luc Giannelloni, encore co-rédacteur en chef de la revue Décisions Marketing au moment de la formation de cette commission, Sandrine Macé, précédente vice-présidente « Publications » pour l’AFM, et Joël Bree, ancien rédacteur en chef de la revue RAM, ont ainsi accepté de faire partie de cette commission.

Le double objectif identifié par cette commission était : 1) Encourager le développement d’une recherche intègre ; 2) Aider les collègues en les informant sur les règles et pratiques en vigueur. Le périmètre d’action retenu est large : toutes les personnes produisant, soumettant, diffusant une recherche (chercheurs, auteurs, etc.), ainsi que celles participant au processus d’évaluation et de publication.

L’ambition de cette commission était donc d’apporter un nouveau service aux membres de l’AFM en portant à leur connaissance un ensemble d’informations et recommandations en vue d’une recherche intègre. Il ne s’agissait ni de discuter la valeur des pratiques actuelles en matière d’éthique / déontologie, ni de philosopher sur leur bien-fondé ou de se poser en juge, mais uniquement de sensibiliser les chercheurs confirmés ou débutants aux risques qu’ils encourent par certaines pratiques de recherche et/ou de publication et des difficultés qu’ils peuvent rencontrer lors du processus de publication dans des revues françaises ou internationales en ne tenant pas compte des règles en vigueur.

Dans cette optique, et sur la base de nombreux échanges à l’intérieur de la commission et en interaction avec le bureau de l’AFM, deux documents différents ont été rédigés : 1) un ensemble de recommandations destinées à faciliter le respect par les chercheurs de principes d’éthique et d’intégrité de la recherche (transparence, intégrité, responsabilité, etc.) et leur éviter de se trouver, dans le cadre de soumissions à des revues, face à des situations de rejet, voire de suspicion de problèmes éthiques ; 2) des principes dont l’application garantit que nos revues (celles gérées par l’AFM), quels qu’en soient les rédacteurs en chef, présidents de l’association, vice-présidents Publications, directeurs des Publications, satisfont un certain nombre d’exigences déontologiques dans la gestion du processus de publication.

Au-delà de l’accompagnement à la recherche et à la publication que doit apporter une association scientifique majeure du monde francophone comme l’AFM dont la mission est de promouvoir l’excellence, il est essentiel qu’elle tienne un discours clair sur ce qui peut ou doit être fait pour conférer toute sa légitimité à la recherche académique. A l’heure de la multiplication de « fake news » s’immisçant dans le débat scientifique, de pressions fortes à la publication pesant sur les chercheurs dans nos organisations respectives, de la course permanente aux financements dans laquelle les chercheurs sont entrainés et, pour les éditeurs et associations scientifiques, d’enjeux de plus en plus en grands liés aux classements de leurs revues, il est crucial que notre association indique le cap. Comme le déclare l’HCERES au sujet de la création de son Office Français de l’Intégrité Scientifique (OFIS), « L’intégrité scientifique fonde en partie la confiance entre les communautés de recherche, et entre celles-ci et la société ».

Ce sont donc ces deux documents qui ont été soumis au vote du C.A. de l’AFM le 26 janvier 2018. Ce dernier s’est prononcé de manière quasi-unanime (un seul vote blanc) en faveur de ces deux documents. Nous vous en souhaitons une bonne lecture !